Un verre de trop
Le Dernier pour la route, un film de Philippe Godeau avec François Cluzet, Michel Vuillermoz et Mélanie Thierry.
Hervé (François Cluzet), patron d’une grande agence de presse, est un alcoolique. Au bord du gouffre, il prend la résolution de mettre un terme à sa dépendance, à l’enfer qu’il vit et fait subir à ses proches. Loin de sa famille, loin de tout, il mène un rude combat afin de sauver sa peau avant qu’un verre de trop ne le tue.
Adapté d’un roman de Hervé Chabalier, Le Dernier pour la route aborde l’alcoolisme sous un angle que l’on cherche habituellement à masquer. Malheureusement, l’histoire est des plus prévisibles, ce qui enlève aux merveilleuses interprétations et à la beauté technique des images. Le jeu des acteurs interprétant le groupe dans lequel Hervé se retrouve au centre est sublime. Chaque personnage a sa touche particulière qui le différencie des autres et le rend unique.
Le personnage de Pierre (Michel Vuillermoz) est fort probablement celui dont le destin se devine le plus tôt au cours du film. Il est rapidement condamné à une mort atroce et tragique. La suite de l’histoire demeure une longue attente du sort que lui réserve son passé d’alcoolique. La fin même du film se devine bien à l’avance et demeure, malheureusement, tout aussi clichée.
Le Dernier pour la route met en scène une relation qui avait pourtant des débuts prometteurs, mais qui ne prend jamais vraiment son envol. Le film entier joue sur cette relation sans jamais la mener à terme ou même démarrer réellement. Le lien qui unit Hervé à Magali (Mélanie Thierry) donne l’impression d’être quelque chose de très fort, au-delà de la simple amitié ou de l’amour. Hervé l’explique un soir, à Pierre : « Cette fille, elle me fait du bien. » Alors qu’on s’attend à ce qu’elle soit un élément important dans la guérison d’Hervé, elle ne fait que disparaître sans plus donner de nouvelles. On laisse le spectateur en suspend, dans l’attente d’une certaine forme de développement de leur relation qui ne vient jamais.
Malgré tout, le film est très touchant et entre dans un monde tabou, expose des problèmes que tous préfèreraient garder secrets. On nous emmène dans un lieu interdit, ou l’on n’a habituellement pas accès. Les relations entre les différents personnages sont plus que bouleversantes : on remarque l’attachement mutuel entre des personnes qui font tous face au même problème, aidés par des gens ayant vécu des expériences similaires. Le lien qui unit ces personnes, toutes très différentes et qui, sans quoi, ne se seraient probablement jamais adressé la parole, est extrêmement touchant.
Le Dernier pour la route fait découvrir un monde autrement inaccessible, un endroit où l’existence semble en suspend et où l’entraide et l’écoute des autres est un point central de la vie de tous les jours.
À l’affiche le 29 janvier.



del.icio.us
Digg
MySpace
Google
Twitter
Postez votre commentaire