Apparences trompeuses
5150 rue des ormes est un thriller psychologique adapté du roman de Patrick Sénécal.
Réalisé par Eric Tessier et mettant en vedette vedette Marc-André Grondin, Normand D’amour et Sonia Vachon il sera disponible sur DVD et Blu-Ray le 2 février prochain. Combien de fois nous sommes-nous fait dire de ne jamais nous fier aux apparences, qu’elles peuvent être trompeuses? Yannick Bérubé (Marc-André Grondin) aurait mieux fait de s’en souvenir, le jour où il est allé faire du vélo sur la rue Des Ormes. Un chat qui traverse rapidement devant lui et s’en était fait : Yannick s’écroule et s’écorche la main. Il demande l’aide d’un homme, qu’il suit à l’intérieur de sa maison. Erreur. Alors qu’il aurait tout bêtement pu rentrer chez lui, il commet la plus grosse bêtise de sa vie. Il découvre, à l’étage, un homme éventré, gisant sur le sol. Lorsqu’il tente de s’enfuir, Beaulieu (Normand D’amour) lui barre la route et l’enferme dans une pièce adjacente. Commence alors le cauchemar.
Le plus troublant dans toute cette histoire, qui aurait pu être un simple film d’horreur très gore, est l’apparence tout à fait normale des Beaulieu : une mère aimante, femme soumise à son mari, croyante et qui prend soin de sa petite famille, point central de sa vie. La relation entre Beaulieu et Yannick est à ce point déstabilisante que le bourreau invite son prisonnier à venir manger avec eux. Les deux acteurs savent rendre cette relation tout à fait crédible : Marc-André Grondin joue à merveille son rôle de captif et fait admirablement bien sentir la terreur, l’affolement et la panique.
Normand D’amour, quant à lui, démontre une capacité à bien définir les deux facettes de sa personnalité : le mari attentionné et le bon père, mais également le bourreau, facette qu’il réserve à Yannick. Le jeu est bien distinct, ce qui ne fait que le rendre encore plus déstabilisant et troublant.
Plus l’intrigue avance, plus on sent qu’il dérape : Yannick devient de plus en plus troublé, de plus en plus atteint psychologiquement qu’il en vient à avoir des hallucinations. Son père qui le rabaisse, le traite d’incompétent, du sang qui remplit la pièce où il est enfermé ou encore les murs qui se rapprochent sans cesse de lui.
Ce qui distingue 5150 rue des ormes d’un simple film d’horreur, c’est exactement ce dérapage, cette perte de contrôle des personnages qui deviennent de plus en plus troublés psychologiquement. À un point tel que lorsque Maude (une très convaincante Sonia Vachon), la femme de Beaulieu, délivre Yannick, ce dernier refuse, complètement obnubilé par le fait de vaincre Beaulieu aux échecs, condition pour que celui-ci le libère.
Et si la distinction se trouve sur ce point précis, c’est également ce qui en fait un film accompli.



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