Une histoire d'enfants allemands
Le Ruban Blanc de Michael Haneke, prend l’affiche le vendredi 5 février.
L’histoire prend place dans un village Prusse au début des années 1910. Des événements étranges, prenant l’aspect d’accidents à caractère punitif, se produisent tout au long de l’été. Un médecin fait une violente chute à cheval, des enfants sont brutalisés et les soupçons sont rapidement orientés vers un groupe de jeunes du village, mené par la fille du pasteur, sans pour autant que les véritables coupables soient démasqués.
Fidèle à ses habitudes, Haneke met en scène dans Le Ruban blanc sinistre, et marquante, une violence latente, jamais montrée, mais toujours explicitement suggérée. Des enfants blonds au visage hermétique sont présupposés comme les porteurs de cette extrême violence. Ils semblent démunis d’émotion, sinon de simples émotions négatives. Ce jeu parfaitement bien maîtrisé par la totalité des acteurs, des plus jeunes aux plus âgés, plonge le spectateur dans un inconfort des plus total. Cet embarras le pousse vers une curiosité qui ne sera jamais calmée. En effet, le réalisateur préférera laisser planer le doute en ne répondant jamais définitivement aux questions soulevées par l’histoire et l’intrigue elle-même.
Le scénario est extrêmement bien ficelé et bien écrit. Dans une reconstruction historique parfaite, il nous fait pénétrer dans l’intimité de chacune des familles du village. Ainsi, le téléspectateur vit lui aussi les conséquences de ces actes de violence prenant place à la veille de l’éclatement de la Première Guerre mondiale. L’atmosphère ainsi créée s’applique admirablement bien à la froideur, à la tension particulière qui émerge de l’œuvre. Les acteurs, surtout les enfants, incarnent à merveille la pesanteur et la lourdeur, dans un accord impeccable avec l’ambiance du film.
Le réalisateur autrichien présente un film d’une beauté technique magistrale et d’une esthétique saisissantes. Des images superbes, toutes en noir et blanc, avec de longs plans fixes extrêmement réussis sur la campagne environnante attendent le spectateur, dans une élégance typique de Michael Haneke.
Le film a déjà reçu plusieurs distinctions depuis sa sortie à la fin de 2009, dont la Palme d’or du Festival de Cannes 2009, ainsi que le Golden Globe du meilleur film étranger à la cérémonie de 2010. Les adeptes du cinéma du réalisateur autrichien retrouveront d’ailleurs dans Le Ruban blanc la touche particulière d’Haneke.



del.icio.us
Digg
MySpace
Google
Twitter
Postez votre commentaire