La loi du Talion

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image Claude Legault et Martin Dubreuil dans Les 7 jours du Talion (gracieuseté Alliance Films)

Une juste réciprocité des crimes et de la peine, clâme la loi du Talion. Pour Bruno Hamel, ce sera sept jours. Sept jours où la ligne de conduite sera "oeil pour oeil, dent pour dent."

Une fillette de 8 ans est violée et tuée par un pédophile récidiviste à quelques pas de sa maison. Ses parents sont effondrés. Alors que les remords deviennent insupportables, Bruno Hamel (Claude Legault) élabore un plan machiavélique visant à venger sa petite fille. Il kidnappe l'assassin (Martin Dubreuil) et s'enferme dans un chalet au plus profond des bois afin de lui faire vivre un supplice des plus extrêmes, usant de ses connaissances de chirurgien pour le faire souffrir, tout en le maintenant au seuil de la vie. Sept jours de torture, à la suite desquels il informe la police qu'il tuera Lemaire et se rendra de son plein gré.

La souffrance, la douleur de ceux dont leur enfant a été enlevé à la vie de façon aussi tragique sont palpables dès le tout début du film, qui nous laisse présager deux très intenses heures. Avant même que Jasmine ne soit assassinée, on sent une certaine tension dans chacun des plans, tension qui s'accentue sans cesse, et l'éminence d'un drame est très présente. L'atmosphère devient de plus en plus tendue jusqu'à atteindre son point culminant dans les premiers instants suivant la découverte du corps de Jasmine, dans un champ à proximité de la maison de ses parents.

Et c'est exactement là où se situe le problème majeur de tout le film. Une fois le point culminant atteint, il n'y a plus qu'une chose qui puisse se passer : une dégringolade sans fin, jusqu'à la dernière minute du film.

Le film aurait gagné à conserver cette tension, à l'utiliser du début à la fin, à l'étirer jusqu'à la rendre insoutenable et faire exploser le tout dans les dernières minutes, comme c'est le cas dans le roman. Mais une fois Lemaire enlevé, Bruno Hamel devient distant et impassible, si bien qu'il semble s'être transformé en un monstre sans aucun sentiment, sans aucune douleur. On a la mauvaise impression qu'il est insensible et n'agit que par instinct, ce que le livre ne démontre pas du tout. Ce qui fait du roman un récit aussi poignant, troublant et dérangeant, c'est justement qu'on se sent tiraillé entre l'aspect humain, absent du moment où Hamel kidnappe Lemaire, jusqu'à la toute fin, et la violence, l'interdit de ces actes de torture. Le roman présente des scènes de dérapage, des moments où Bruno est sur le point de craquer émotionnellement, psychologiquement, des moments où la douleur devient insupportable pour lui, où l'atmosphère est chaque fois un peu plus lourde. Ces parties du livre étaient importantes afin de saisir la division sévissant dans l'esprit torturé de Bruno Hamel, de donner une signification, de maintenir toute cette cruauté dans un cadre logique. La violence dont il se rendait coupable en maltraitant l'assassin de sa fille prenait un sens particulier, avait, en quelque sorte, une explication. Le film oublie cette partie importante et semble davantage verser du côté d'une violence gratuite, comme dans un mauvais film d'horreur.

Toute cette violence, cette torture, ce sang et ces cris de souffrance semblent si détachés du récit qu'on en perd toute compassion, toute la douleur qu'on partageait avec Hamel.

Le film n'en est pas pour autant un échec. Il en demeure profondément troublant, mais pour les gens ayant lu le roman et connaissant l'univers de Patrick Sénécal, il manquera toujours cette petite touche qui rend ses livres si spéciaux.

Les 7 jours du Talion, le premier long-métrage réalisé par Podz avec Claude Legault, d'après le roman de Patrick Sénécal. En salles le 5 février 2010.

joanie.pdumoulin@gmail.com

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Auteur infos
image Joanie Péloquin-Dumoulin Après ses premiers mois d'errance à-travers la scène culturelle québécoise, allant de la musique au théâtre, en passant par l'humour, le tourisme et les arts visuels, Joanie se penche désormais vers l'univers cinématographique et littéraire, autant québécois que mondial. Curieuse et passionnée, elle bouquine, vide les tablettes des clubs vidéos, toujours à la recherche de quelque chose de nouveau, de meilleur, de plus dramatique ou de plus drôle. De suggestions de lectures en critiques de films ou de palmarès, ne manquez pas ses dernières découvertes!
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Films en revue
  • Date de sortie: 0000-00-00
  • Casting: Claude Legault, Martin Dubreuil, Fanny Mallette, Rémy Girard, Rose-Marie Coallier, Pascale Delhaes
  • Réalisateur: Podz
  • Genre: Suspense
  • MPAA Rating:
  • Durée: 1:50
  • Editor rating: 3*