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Les maîtres de l’Improductivité

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image Les Improductis et invités sur scène

C’est au Plaza que les Improductifs ont célébrés leur 5e anniversaire le 2 février.

Ce mouvement d’improvisation a un concept qui se résume assez facilement : le plaisir de se mettre dans le pétrin.  Sur scène, Simon Boudreault, Daniel Malenfant, Laurent Paquin et Diane Lefrançois (les Improductifs comptent aussi parmi leurs membres le musicien Éric Desranleaux, Benoît Rocheleau et Gaëtan Troutet).  L’animateur survolté et impitoyable Nicolas Pinson recueille dans le public les thèmes les plus farfelus qui sauront donner du fil à retorde aux improductifs qui, prêts comme des bêtes parées à se lancer dans l’arène, ruminent et piétinent sur le côté de la scène. 

Pour célébrer 5 années d’improductivité, se sont joints à eux l’instant d’une soirée Éric Salvail, Édith Cochrane, Charles Lafortune et Stéphane Archambault. Les trois premiers improvisateurs-invités bénéficiaient certainement d’une petite expérience d’improvisation notamment dans l’émission Dieu Merci ou encore comme joueurs dans la LNI.  Mention spéciale pour l’effort à Stéphane Archambault qui a courageusement accepté d’être initié à l'improvisation parmi les plus expérimentés. Après quelques manques d’inspirations flagrants dans le difficile jeu CD Best Of rappelant les infos pubs où l’on vend des coffrets musicaux d’une autre époque, le chanteur du groupe Mes Aïeux s’est rattrapé avec une excellente parodie de Pierre Lapointe.  L’appui du public et de ses collègues a heureusement permis de rapidement dissiper le malaise. Il faut être pratiquement suicidaire pour se jeter ainsi dans la gueule du loup et le chanteur nous a rappelé que n’est pas improductif qui veut. Tous mes hommages à ces casse-cou cérébraux.

Les Improductifs ont ainsi mis en vedette les invités dans deux sketches chacun et ils se sont succédés sur scène jusqu’à un défi de groupe finale.

Parmi ces jeux explorés, certains sont plus efficaces que d’autres.  Avec Interrogatoire de police, fidèle à lui-même, Éric Salvail nous sert sa folie insolente alors qu’il doit deviner quel est son crime. Le jeu Doublage est une réussite. Les improvisateurs prennent les voix des personnages par-dessus un extrait des Feux de l’Amour en plus de devoir placés des mots imposés par le public. Le jeu Tour du chapeau demande quant à lui une vivacité incroyable puisque les courageux doivent imaginer à brûle pour point ce que dirait un personnage dans une situation précise. Simple et efficace. Édith Cochrane n’a pas donné sa place et a pu prouver une fois de plus son talent dans le jeu Valse à 4 temps qui demandait aux improvisateurs de répéter quatre fois la même situation, mais à la manière d’un film burlesque, d’un western spaghetti ou d’une comédie musicale par exemple.

À d’autres reprises, le jeu s’est étiré en longueur. C’est le cas du Détecteur de mensonge. Un animateur pose des questions à l’invité qui doit fournir une autre réponse s’il obtient un «faux» à son affirmation. Mais les coins sont tournés rondement et le vrai ou faux est obtenu aléatoirement. Le rythme se perd et le public se lasse.  Le talent irréfutable d’improvisateur de Charles Lafortune a certainement sauvé la mise. Même chose pour le jeu Tsinamis qui, a la façon d’une émission pour enfant, expliquait au public à l’aide de marionnettes ce qu’était la ménopause. Après quelques bons moments d’improvisation savoureux où Stéphane Archambault nous a invité à nager dans l’appareil reproducteur féminin jusqu’à atteindre les «trompes de salopes», il n’était pas nécessaire d’étirer le gag au-delà de cinq minutes en poussant la chansonnette.

Malgré ces faibles irritants, ce spectacle alliant interaction avec le public et multimédia est unique en son genre.  Les Improductifs «maison» savent humblement mettre en valeur leurs invités et à la fois faire crouler la foule de rire.

Depuis leur naissance, les Improductifs ont donné plus d’une centaine de représentations au Petit Medley, en passant par le Cabaret Juste pour rire sans oublier une double apparition au gala de Jean-Marc Parent et ce sans compter les nombreux spectacles privés qu’ils ont offert. Toutefois, le collectif audacieux demeure encore assez méconnu du grand public.  D’ailleurs, ces membres souhaitent effectuer un saut dans «la vraie vie» avec une émission au petit écran. La chose est bien possible en modifiant quelques petits détails par-ci par-là puisque l’idée originale des Improductifs est inspirée de l’émission américaine Who’s line is it anyway?  Pour l’instant, une partie de la magie du spectacle est tirée du lien qui opère entre le public qui tire un malin plaisir à imposer des contraintes aux comédiens et entre les téméraires improvisateurs prêt à tout pour le satisfaire. Ils sont donc plus absurdes et sans censure que jamais sur scène.  À ce sujet, le manifeste des Improductifs est assez éloquent.

Le manifeste des improductifs se manifeste par une absence totale de volonté manifestante.
Toute forme de manifestation est manifestement contradictoire avec l’essence même de l’improductivité.
Voilà pourquoi les improductifs s’engagent solennellement à ne manifester rien d’autre que l’improductivité, et ce, sous toutes ses manifestations possibles et improbables.
Longue vie à l’improductivité!

Pour vous dilater la rate à coup sûr, vous pouvez assister  à une de ces soirées haute en couleur et en surprise à chaque premier mardi du mois au théâtre Plaza.  (Arrivez tôt, les places assises sont limitées.)
 


www.improductifs.com

 

sherazade.eladraoui@live.ca

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Auteur infos
image Sherazade El Adraoui Dès son plus jeune âge, Sherazade est immergée dans un univers interculturel ce qui lui permet de s'ouvrir sur le monde, d'en découvrir sa richesse et de développer sa curiosité. Elle a soif de découverte et du plus loin qu'elle se souvienne a toujours été passionnée par le septième art. Poursuivant son rêve de vivre dans une comédie musicale, elle obtient son diplôme d’études supérieures en Cinéma avec une spécialisation en scénarisation. Animée par un désir boulimique d'explorer la culture sous toutes ses facettes, elle erre d'un évènement à l'autre, insatiable.
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