Soundbeat Magazine: Sans douceur excessive Sans douceur excessive ================================================================================ Joanie Péloquin-Dumoulin on 27 Mai, 2009 08:39:00 Jack Reacher, ancien flic de la police militaire américaine est témoin de la prise de possession d’une rançon, destinée aux personnes ayant enlevé la belle-fille et la deuxième épouse d’Edward Lane, anciennement Ranger de l’armée américaine. Dirigeant aujourd’hui une milice privée, Lane est prêt à tout pour retrouver les kidnappeurs. Une seule condition toutefois : pas de policiers dans le coup. C’est qu’il n’est pas inconnu à ce genre d’actes : sa première femme a également été kidnappée et les flics ont tout raté. À cause de ça, elle a été tuée. Reacher accepte de seconder Lane afin de retrouver son épouse. Cependant, plus les recherches avancent, plus Jack Reacher a des soupçons sur Lane et ses magouilles. Lane n’est pas à un coup tordu, en plus d’être un as du mensonge, empêchant Jack de connaître toute la vérité au sujet de son nouveau patron. Aidé de Lauren Pauling, ancien agent spécial, Reacher tente de faire la lumière sur ce kidnapping prenant rapidement des allures de complot. Selon moi, ce qui fait qu’un bon thriller est captivant, c’est la manière dont l’auteur nous amène sur des chemins différents, sa façon de brouiller les pistes et de toujours garder des éléments non éclaircis, qui permettent d’entretenir un suspense tout au long de l’histoire. De cette façon, le lecteur n’arrive plus à démêler tous les ingrédients et il lui est ainsi impossible d’élucider par lui-même l’affaire entière. Parce que, vraiment, y a-t-il quelque chose de plus enrageant que de deviner la fin alors qu’on n’est même pas rendus à la moitié du livre? Dans Sans douceur excessive, Lee Child fait encore mieux : avec ses nouvelles pistes, il nous pousse à en venir à une conclusion, à résoudre une partie de l’énigme, avant de reculer, d’ajouter une autre pièce et de contredire notre propre résolution. Résultat : on ne sait plus où on en est, on n’arrive plus à démêler les indices et notre curiosité, notre avidité à connaître le dénouement de l’enquête particulière que mène Jack Reacher, n’en est que décuplée. Et une fois que l’on est avisés de l’identité de l’auteur du kidnapping et ses raisons, qu’on a retrouvé la femme et la belle-fille de Lane, l’histoire n’est pas terminée, loin de là. Et Child réussit magnifiquement à nous tenir en haleine malgré que le dossier soit résolu, et ce, jusqu’à la toute fin du roman. On n’est satisfaits qu’une fois la dernière page lue et le livre refermé. Le seul bémol, c’est qu’il est parfois compliqué de s’y retrouver dans ces histoires d’armée, de polices et d’agents spéciaux américains, si l’on n’est pas au courant des niveaux et des différences entre chacun. Cependant, cela n’entrave aucunement la compréhension globale de l’énigme. Il faut également accepter d’emblée que le personnage principal soit imbattable, sur tout : il devine tout, comprend tout et réussit à trouver tout ce qui l’intéresse plus facilement et rapidement que n’importe quel autre personnage. Sans douceur excessive Lee Child Éditions Seuil 34,95$ joanie.pdumoulin@gmail.com