Patrick et les brutes
Entrevue originale avec Plastick Patrick, un artiste peu singulier
Comme pour Patti Smith au CBGB et pour le Rolling Stone magazine, qui connaissait tout le milieu et qui était tant aimé par autant de gens, le monde veut que Patrick réussisse. D’accord, on était là quand il était la reine du Saphir, le maléfique professeur Plastik Patrick, ou celui qui jouait du Black Sabbath au moment où les autres clubs jouaient le dernier slow de la soirée! (Amen…) Mais sa préoccupation principale n’est ni le sexe, la drogue, où les louanges, mais bel et bien le rock n roll. Et ce, depuis toujours. Après un concert gorgé en esthétique sexuelle, de guitare tronçonneuse, de paillettes et de peau, le maitre de cérémonie nous accueille avec la classe d’un ami de longue date.
Beatles or Stones ?
Tu me déchires. J’aurais préféré le bowling ou le karaoké. C’est comme choisir entre deux enfants. Je crois que je dois dire Beatles.
Si les années 90 étaient rétro… Où est le Rock and roll en ce moment?
Les 00 sont rétro! Les Strokes sont des hasbeens ! C’est un concept intéressant maintenant, car il y a des cycles et il me semble qu’on est au bas de celui-ci. Bien que ce soit une veille chose qui existe depuis soixante ans, je crois que faire du rock and roll reste frais et nouveau, car personne n’en fait vraiment. Aujourd’hui, tout le monde est dans le business de l’électro synthé auto tune. Arrive une Amy Winehouse, qui est plus rock n roll que les autres, alors qu’elle ne fait même pas de musique rock.
Quelle est ta réponse aux sempiternelles questions sur les Drags Queens ?
J’adore les Drag Queens. C’est comme le beurre. Tu le mets dans n’importe quoi et ça goûte meilleur!
Est-ce que les Brutes représentent les Stooges, et toi Iggy ?
(Après avoir établi une liste de similitudes) Je n’y avais jamais vraiment réfléchi, mais je crois que non. En fait, cela vient du parfum Brute 33 associé au fait que j’aimais beaucoup les noms de groupes des années cinquante, comme Diana Ross and the Supremes, ou Martha Reeves and the Vandellas.
Es-tu un entertainer ou un musicien ?
Un entertainer musicien. C’est beaucoup plus grand… ! J’adore Broadway, mais il y manque la foule qui saute et qui crie.
Si l’anglais est la langue du rock et le français celle de la poésie, pourquoi chanter en français?
C’est tellement rafraîchissant! L’anglais est une langue parfaite pour le rock n roll, il y a plus de mots courts et d’interjections qui conviennent à la rapidité de cette musique. En Français il faut écrire des phrases complètes. Les mots sont plus longs et ça change toute la façon de chanter et la manière d’approcher une toune. Alors, quand j’ai décidé de switcher de l’anglais au français, j’ai jeté la majorité des chansons sauf trois. J’ai commencé à en écrire un nouveau paquet et à ouvrir plusieurs portes… les mots peuvent faire ça! C’était une grande révélation. J’adore!
Tu as passé cinq ans à écrire ces chansons. Andy Warhol disait à Lou Reed à l’époque du Velvet : « Tu dois écrire six chansons par jour! ». Ne trouves-tu pas que passer tellement de temps à écrire fini par te séparer de l’essence vulgaire que tu essaies d’atteindre?
Oh ! Je n’ai pas passé tant de temps que ça à écrire! Donc non.
Es-tu « devenu » les chansons que tu jouais au Saphir?
Le choix des disques que je passe est beaucoup plus large que les différents styles de l’album. Je veux explorer plus de sons encore. C’est important pour être un bon musicien.
Dernière question, mais la moindre : Top or bottom ?
Top.
http://www.myspace.com/patriketlesbrutes



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