Keith Kouna formule band
Présentation à l’Escogriffe le 26 février dernier
Après l’expérience des Goules, Keith Kouna, qui était chanteur et parolier, a rassemblé des textes qu’il griffonnait depuis plusieurs années afin de présenter son premier album Les Années Monsieur en décembre dernier. Un album orchestré, bien fignolé, lourd de sens et de sensibilité.
Lors de son lancement, il avait choisi d’assumer seul sur scène, le fruit de son labeur. Armé de son courage et de sa voix sans pareil, l’exercice n’était rien comparé à la performance de groupe avec son Keith Kouna Band (sans « s » par souci de francisation, dixit Keith Kouna en ouverture du spectacle). En effet, entouré de Martien Bélanger (Troupe de Robert Lepage) à la guitare, Andy Stewart (Les Batinses) à la batterie, de Hugo, alias Klaudre Chudeba (Les Goules) et Vincent Gagnon aux claviers, la soirée fut mémorable.
Le meilleur instrument de Monsieur Kouna, celui qu’il maîtrise expressément bien, est sa voix. Il possède un rythme et une pulsion qui capte l’auditoire dès l’ouverture de sa bouche. Le timbre de ses cordes vocales définit son individualité. Et que dire de sa verve! Il maîtrise une poésie brute, poignante et affreusement efficace. L’album est savoureux, mais la performance scénique est fascinante. Le groupe apporte confiance au leader et met en valeur l’essence des mélodies. Fait à noter, les prouesses du claviériste, qui sont à la sauce Kouna ce que l’ail est à la sauce du diable; délicieux! Il est souple et inventif, jouant sur un mastodonte droit sorti des années’80 dont la texture vibre littéralement.
Keith Kouna et son ensemble musical sont la suite logique des Goules. Sans le grand déploiement et le côté racoleur du groupe mythique, chacun des instruments est davantage approfondi, dans un souci d’harmonie et de délire sobre, mais porteur d’une grande valeur musicale. C’est une expérience à vivre live et à se remémorer, un bon dimanche après-midi, en compagnie de l’album et d’une bonne limonade; ça rafraîchit.
Finalement, Les Goules n’ont pas produit que ce rejeton. L’un des leurs vient de se lancer dans un projet personnel nommé Headache 24. Il s’agit du bassiste qui explore les ambiances sonores et le bidouillage électronique! C’est complètement autre chose. Je l’écoute pour une deuxième fois et vous reviens là-dessus. À suivre…



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